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1ere mouture

Du "bouclier logement" à l'homoparentalité, le PS publie une ébauche de son projet 2007







Sans attendre les dernières discussions, sur l'Europe notamment, le PS dévoile, lundi 22 mai, les grandes lignes de son projet pour 2007 dans son bulletin interne, l'Hebdo des socialistes. Sous le slogan Pour une vie meilleure dans une France plus juste, six pages détaillent les mesures arbitrées par la commission du projet, mais qui peuvent être encore amendées d'ici le vote des militants prévu le 22 juin. L'initiative en a pris de court beaucoup, alors que les tensions entre les présidentiables du parti ne cessent de croître.

 

Sur l'emploi et le pouvoir d'achat, le PS retient le principe d'un changement d'assiette des cotisations patronales pour favoriser les entreprises qui embauchent, ainsi que la modulation de l'impôt sur les sociétés ; la création d'une allocation de formation et de recherche d'emploi pour les jeunes sans diplôme, ni qualification ; le relèvement des prestations familiales "les plus favorables à une relance de la consommation" ; ainsi que la fusion de l'impôt sur le revenu (IR) et de la CSG (Le Monde du 19 mai). Rien sur la hausse du Smic réclamée par Laurent Fabius et, plus récemment, par Ségolène Royal.

Dans le même chapitre figurent en revanche l'intervention publique pour les entreprises en difficulté et les "nationalisations temporaires" chères à Dominique Strauss-Kahn, ou des prises de participation minoritaires dans des entreprises innovantes. L'épargne salariale et retraite serait encouragée dans les PME.

 

NOUVEAUX SERVICES PUBLICS

 

Sur le logement, la députée de Paris, Annick Lepetit, a imposé l'idée de limiter le coût des loyers à 25 % du revenu des ménages modestes par la création d'un "bouclier logement". Pour l'accès aux soins, la véritable innovation réside dans la création d'une carte jeunes de prise en charge, réservée aux 18-25 ans. Le sujet des retraites, lui, reste très flou, le texte se contentant d'évoquer le "remplacement du système issu de la loi Fillon".

De nouveaux services publics dans les domaines de la petite enfance, de l'eau et du "service bancaire de base" seraient créés. Comme annoncé, EDF et GDF reviendraient à "100 %" dans le giron public. En matière d'éducation, le PS envisage la scolarisation dès trois ans et la suppression de l'apprentissage dès 14 ans. Il prône "un suivi individuel pour tout élève en primaire en difficultés", et la "détection précoce" de ces élèves.

Pour lutter contre les discriminations, les demandes de logement seraient anonymes ; les bilans sociaux des entreprises publiques ou privées comprendraient une évaluation "de leurs résultats en matière de promotion sociale des citoyens issus de l'immigration ou des minorités visibles". Un "plan génération banlieue" soutiendrait les initiatives individuelles et collectives ; enfin, le mariage et l'adoption seraient ouverts aux couples homosexuels.

Un service civique mixte obligatoire de six mois serait instauré, les services de la police de proximité relancés. Sur l'immigration, le PS prône l'accompagnement individualisé des nouveaux entrants, et un partenariat "juste et équitable" avec les pays d'origine qui permettrait les allers et retours.

Cette ébauche du projet ne convient pas à tout le monde. Le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Razzye Hammadi, se dit "très mécontent", estimant notamment que le PS fait de la discrimination positive sans le dire, et s'apprête à diffuser un texte critique. Tout comme Laurent Fabius, Jack Lang a lui aussi préparé une "note" pour faire entendre sa différence. Le député du Pas-de-Calais qualifie plusieurs mesures, comme la fusion de l'IR et de la CSG, de "serpents de mer". Quant à Ségolène Royal, elle s'est prononcée, samedi 20 mai, en faveur de la licence globale forfaitaire pour rémunérer les auteurs d'oeuvres disponibles sur Internet, au grand dam de la Société des auteurs- compositeurs dramatiques (SACD) et de Auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP).

En clôture des Etats généraux du PS sur l'éducation, samedi, à Marseille, François Hollande a protesté contre l'absence des présidentiables, qui avaient déjà "séché", la semaine précédente, à Toulouse, la question des institutions. "Nous parlons trop de candidature et pas assez du projet, a lancé le premier secrétaire du PS. Il y a aujourd'hui un peu de précipitation, et dans les préférences, et dans les sélections, et dans les annonces." Mais rien n'indique que les choses vont changer, bien au contraire.

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