Notes de la rubrique "alors vais-je y arriver":
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Naouel Chliah a déposé plainte, le 13 septembre, pour discrimination religieuse à la gendarmerie. Elle a également saisi le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), une association qui a pour but de lutter contre les discriminations envers les musulmans.
De son côté, le maire (UMP) de Morez, Jean-Paul Salino, défend son employée de mairie. Selon lui, elle n'a fait qu'appliquer la "loi" . Le texte en cause est en réalité une circulaire du 2 mai, émanant du ministère de la justice, "relative à la lutte contre les mariages simulés ou arrangés" . Celle-ci spécifie que l'officier de l'état civil doit "vérifier visuellement l'identité des époux ainsi que des témoins" .
Le texte précise : "Le port d'une pièce vestimentaire dissimulant le visage d'un des futurs époux ou d'un témoin, qu'elle ait une vocation religieuse, traditionnelle ou décorative, ne permet pas à l'officier de l'état civil de contrôler la réalité du consentement des époux, ni de s'assurer de l'identité, ce qui fait notamment courir le risque de substitution de personne." Naouel Chliah affirme que son voile couvrait seulement ses cheveux. "Mon visage n'était pas dissimulé. J'estime que je suis une bonne citoyenne. S'il y avait eu une loi, je l'aurais appliquée, mais il n'y a rien. C'est pour cela que j'ai porté plainte."
Le maire de la ville admet que le visage de la jeune femme n'était pas dissimulé. Pour lui, le refus de l'employée était motivé avant tout par la laïcité. "Pour moi, tous ces signes distinctifs à caractère religieux sont interdits en mairie, un point c'est tout, insiste-t-il. Nous sommes dans une République laïque."
"C'EST LA RÈGLE"
M. Salino reconnaît qu'il accepte dans sa mairie des mariées portant le traditionnel voile en tulle, un chapeau ou une capeline. "Ce ne sont pas des signes religieux, souligne-t-il. Dès qu'il y a une connotation religieuse, on enlève, c'est la règle."
Le Collectif contre l'islamophobie a relevé plusieurs cas d'élus récusant des mariées ou témoins portant le voile : à Boulogne (Hauts-de-Seine) en décembre 2003, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) en avril 2004, à Saint-Fons (Rhône) en septembre 2004. A Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), le maire (UMP), Jacques Martin, demande aux mariés de ne porter aucun signe religieux ostentatoire.