HOMOSEXUALITE : L’OFFENSIVE DES ASSOCIATIONS DE DEFENSE
La Commission internationale de défense des droits des homosexuels (Ciddh) interpelle le gouvernement au sujet de la détention “arbitraire” de onze présumés homosexuels à la prison centrale de Yaoundé. Dans le même temps, l’Association de défense des droits des homosexuels (Adefho) organise une conférence de presse, mardi prochain, à Douala.
Mercredi, 03 mai. Les journalistes célèbrent la XVIème Journée internationale de la liberté de la presse. Dans les esprits, la page de l’affaire des listes des présumés homosexuels est tournée. Sans preuves, les commanditaires, dont quelques-uns se sont confondus en excuses, ont été condamnés pour diffamation. Tout à coup, au moment où l’on s’attendait le moins, la Commission internationale de défense des droits des homosexuels rompt le silence. Elle fait parvenir à notre rédaction une correspondance dénonçant la détention “arbitraire” de onze présumés homosexuels à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé. “Le gouvernement camerounais refuse de relaxer neuf détenus présumés homosexuels, pourtant acquittés des charges portées contre eux, le 21 avril dernier. On les oblige à comparaître dans une autre parodie de procès. Ils sont détenus depuis près d’un an. A leur premier procès, aucun témoin n’a été présenté, les preuves de leur culpabilité non plus. En sus, le juge M. Tonye les a acquittés.”, souligne la lettre. Les prévenus, qui espéraient, selon la Commission, être relaxés les jours suivants, ont été surpris d’apprendre qu’ils comparaîtraient une autre fois devant le tribunal. “Vous arrêtez des gens injustement, violez leurs droits pendant presque un an ; puis, vous refusez de les libérer ; ceci constitue un abus de pouvoir”, s’indigne Duga Titanji, la défense des accusés.
“Cette situation constitue une violation majeure de la procédure. Aucune preuve ne justifiant une nouvelle arrestation, ceci est un cas flagrant de détention arbitraire”, ajoute-t-il.
Feuilleton.
Le 21 mai 2005, la Commission internationale de défense des droits des homosexuels exige “la relaxe sans conditions de neuf personnes dont des Camerounais et des fonctionnaires des Nations unies, et plaide pour une assistance urgente en leur faveur compte tenu des rudes conditions de détention dont ils sont victimes.”
“Il n’y a rien de plus qu’une double compromission, condamne Cary Alan Johnson, Coordinateur pour l’Afrique de la commission. Le gouvernement camerounais a bafoué la procédure judiciaire. Il donne un exemple flagrant de négligence des procédures légales”. “Nous allons travailler, ajoute-t-il, pour combattre cet abus, tant avec la société civile que sur le plan diplomatique.”
Et bien évidemment, la Commission semble avoir eu un relais au Cameroun. L’Association pour la défense des droits des homosexuels (Adefho) qui organise, mardi prochain, une conférence de presse sur le thème : “Homosexualité, perversion ou nature sexuelle. La répression est-elle la réponse ?” Sont invités d’honneur à la conférence les onze présumés homosexuels de Kondengui. Les mêmes pour lesquels Me Alice Nkom, présidente de l’Adefho, avait été séquestrée le 17 avril dernier, pour les avoir filmés dans le parloir du pénitencier.
Le feuilleton, dont personne ne donnait cette longévité, commence le 21 mai 2005, quand des éléments de la brigade de gendarmerie de Nlongkak, à Yaoundé, appréhendent 17 individus dans un Night Club supposé être fréquenté par des homos. Onze d’entre eux, accusés de sodomie, sont gardés, puis transférés à la prison centrale de Kondengui. Sept mois plus tard, la Commission internationale de défense des droits des homosexuels saisit le ministre camerounais de la Justice, Amadou Ali, pour plaider la relaxe pure et simple des prévenus. D’autres Ong internationales adoptent la même démarche, demandant au ministre de procéder à des examens médicaux, en vue de déterminer leur culpabilité. Rien n’y fait, et ce jusqu’au procès du 17 mars dernier, puis de celui du 26 avril avec l’issue que l’on connaît, un autre renvoi. Apparemment, la colonie refuse de s’en laisser conter. Nul doute qu’au-delà du procès, l’offensive groupée des associations de soutien aux homosexuels constitue une balise de légitimation de la pratique au Cameroun