plus de deux cents heures de diffusion en direct, plus de cinquante heures de rendez-vous spécifiques: tel est le programme inédit que La Chaîne parlementaire-Assemblée nationale a accordé aux travaux de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau. Un événement suivi assidûment par plusieurs millions de téléspectateurs, passés de l'effroi à la réflexion. Partageant les avis du député André Vallini, président de la commission, soutenu en cela par Jean-Louis Debré, le président de l'Assemblée nationale, nous considérions que le huis clos était inapproprié. Mettre à l'écart les citoyens de ce pays, scandalisés par ce fiasco judiciaire, aurait été une faute politique grave. Il fallait qu'ils puissent assister à l'autopsie de cette affaire, qu'ils en comprennent la nature, les mécanismes. Il fallait qu'ils en découvrent les multiples acteurs afin de situer toutes les responsabilités, et pas seulement celle du juge Burgaud.
Fallait-il, comme certaines grandes chaînes de télévision l'ont décidé, diffuser uniquement l'audition de celui-ci? Avoir pris le temps d'explorer largement cette histoire, sans succomber au jeu maudit du bouc émissaire, a été la force de la commission d'enquête. Aujourd'hui, personne ne regrette ce choix. Ces travaux ont permis aux représentants de la nation de montrer au pays que la politique ne se réduisait pas aux petites guerres fratricides ou aux chausse-trappes traditionnelles dont la classe politique est trop souvent coutumière. Avec le recul, la méthode utilisée, le temps accordé et la richesse des observations échangées démontrent que le choix de convier nos concitoyens aux premières loges de la réflexion et de l'évaluation de ce drame judiciaire a été d'une grande utilité publique. Comme nous étions loin des «petites machineries technocratiques» qui ont pris la mauvaise habitude de penser, d'élaborer en vase clos tel ou tel projet, telle ou telle loi qu'on découvre un beau matin, ce qui provoque parfois des tsunamis sociopolitiques inattendus!
Opposée à cette façon de faire, la commission d'enquête d'Outreau, avant de remettre le 7 juin prochain son rapport, a eu l'intelligence de rendre à nouveau public le «débat général» qui a permis à chaque député d'exposer les axes principaux des réformes possibles, événement que LCP a diffusé en direct. C'est une façon nouvelle de faire de la politique. C'est un devoir de suite innovant qui correspond à la bonne gouvernance. C'est un devoir de suite qui relève aussi de la responsabilité des médias.