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et au boulot les gripsou

 
les huissiers ainsi que les commissaires de police vont pouvoir foutre dehors et encaisser les dividandes ainsi que leur cachet
 
l'huissier pour signifier un acte et  toucher au passage  sa dime
 
le commissaire  ou ses adjoints pour assurer la force et la loi du bon peuple francais devant une famille apeurée bien souvent..
 
jb
 
tetieresociete
Aujourd'hui sonne la fin de la trêve hivernale qui interdit que des familles soient jetées dehors. Les travailleurs sociaux sont indignés et submergés.
Expulsions, c'est la saison
Par Tonino SERAFINI

lundi 15 mars 2004


 
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«Il est déjà arrivé que des gens soient renvoyés dans la cabine téléphonique d'en bas pour qu'ils appellent le 115.» Augusta Epanya, assistante sociale à Paris
 

«Intolérable». Ce mot revient souvent dans le propos des travailleurs sociaux qui ont défilé samedi à Paris pour protester contre la reprise des expulsions locatives à partir d'aujourd'hui (lire ci-contre). Le 15 mars, date de la fin de la trêve hivernale, est un moment «traumatisant», «violent», «éprouvant», «angoissant» pour «des familles déjà très fragiles», témoigne Fadila Derraz, assistante sociale dans le XXe arrondissement à Paris. «Normalement, on a un mandat de protection de la famille. Mais nous ne sommes plus en mesure d'apporter des réponses appropriées aux situations les plus intolérables. On est complètement submergé par l'exclusion rampante», dit-elle, dépitée. Fadila Derraz fait partie de ces travailleurs sociaux qui ont décidé de se constituer en collectifs. Pour avertir les pouvoir publics. Prévenir l'opinion. «Lors des expulsions, en se démenant, on arrive à trouver aux familles un hébergement en hôtel. Au début, les gens sont soulagés parce qu'ils ne vont pas dormir dehors. Mais c'est le début de leur précarité. D'une vie au jour le jour pour toute la famille.»

Pansement. Marie Hemar, également assistante sociale à Paris, se définit comme «le témoin direct d'une société qui va mal» : «On est dans une spirale infernale de paupérisation des plus faibles. On fait du palliatif. Du pansement. Mais on a beau mettre un pansement sur une gangrène, ça ne guérit rien.» Augusta Epanya, assistante sociale à Bobigny (Seine-Saint-Denis), raconte qu'il arrive que les travailleurs sociaux ne parviennent même plus à trouver de solutions dans des contextes d'urgence extrême. «Parfois on a des personnes dans nos bureaux avec leurs valises. Ils viennent d'être virés de chez eux. On passe l'après-midi à chercher un hébergement. Mais, à 19 heures, quand on doit fermer, on n'a rien à proposer. Il est déjà arrivé que des gens soient renvoyés dans la cabine téléphonique d'en bas pour qu'ils appellent le 115», s'indigne-t-elle. Outre «une atteinte intolérable à [leur] déontologie», ces situations provoquent chez les travailleurs sociaux des «sentiments de culpabilité». «La base de notre travail c'est un engagement contre l'injustice la plus criante. Or, là, on assiste à une maltraitance d'une rare violence», affirme Isma Zalambani, assistante sociale à Pantin.

Récemment, des collectifs ont été auditionnés par des élus du conseil général de Seine-Saint-Denis, par le président de la région, Jean-Paul Huchon, et par les cabinets de Dominique Versini, secrétaire d'Etat chargée de la Lutte contre l'exclusion, et de Gilles de Robien, ministre du Logement. Mais sans résultat. Face à leur cri de colère, les seules initiatives sont locales. Ainsi, le maire de Bobigny, Bernard Birsinger (PCF), a pris «un arrêté municipal déclarant Bobigny "zone hors expulsion locative"». Dans un communiqué publié vendredi, la municipalité explique qu'elle rejette cette «pratique inhumaine qui ne fait que précipiter des hommes, des femmes, des enfants en souffrance dans la spirale de la grande exclusion». La mesure est plutôt symbolique, puisque les expulsions découlent de jugements rendus par les tribunaux et d'interventions de la police décidées par les préfets. Mais l'initiative est remarquable parce qu'elle participe au moins à l'émergence d'une prise de conscience.

Crise du logement. «Maintenant, notre travail touche de plus en plus au logement : quatre rendez-vous sur cinq relèvent de problèmes relatifs à des expulsions, à de la suroccupation ou de l'insalubrité. Le rôle d'éducation, de conseil, de l'assistante sociale est vampirisé par la recherche d'un abri d'urgence», témoigne Yasmine Kaci, assistante sociale à Noisy-le-Sec. Face à une crise du logement aiguë, les expulsions apparaissent comme «une violence absurde et de surcroît coûteuse». Contraintes de rendre les clés, des familles en difficulté sont ensuite hébergées à l'hôtel à des coûts prohibitifs pour la collectivité. «Ça coûterait cinq à six fois moins de les maintenir dans leur appartement», dénoncent en choeur les assistantes sociales. Samedi, à la manifestation, elles brandissaient une immense banderole blanche sur laquelle on pouvait lire : «Les travailleurs sociaux pour le droit au logement pour tous.» Avec des lettres rouges «pour symboliser la colère» et vertes «en guise d'espoir

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