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et pendant ce tempsla la pub continue, confirmation par lci




BANQUE
Egg se retire de France

Armelle Bohineust
[15 juillet 2004]

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Un petit tour, et puis s'en va... Deux ans après son arrivée, en fanfare et à grands coups de campagne publicitaire, la banque en ligne britannique Egg plie bagage (voir notre édition d'hier). Les dirigeants de Egg ont annoncé mardi leur intention «d'entamer les démarches nécessaires au retrait du marché français».


Le départ se fera sans précipitation, assure la banque en ligne. Les activités en France «vont se poursuivre pendant un temps significatif pour assurer une fermeture en douceur». Egg, qui emploie 435 personnes en France, assure qu'elle apportera «une attention particulière» à l'aide à la reconversion de ses employés. Quant aux clients, «les engagements contractuels envers eux seront honorés et nous leur donnerons tout le temps nécessaire pour s'adapter à cette situation». Le processus pourrait donc durer «environ 18 mois» et il devrait coûter 170 millions d'euros.


En prenant cette décision, Prudential, la société mère de Egg, espère parvenir enfin à céder sa filiale. Depuis plus de six mois, l'assureur britannique cherche un acquéreur pour les 79% du capital qu'il détient dans la première banque en ligne britannique. Plusieurs groupes financiers se sont penchés sur le dossier, Barclays, Royal Bank of Scotland et plus récemment, semble-t-il, deux géants américains des cartes de crédit, Capital One et MBNA.


Or «il est devenu clair qu'aucun des acheteurs potentiels ne souhaite engager l'investissement nécessaire pour mettre en oeuvre le business plan (plan de développement de l'activité) français», explique le groupe britannique.

Bénéficiaire en Grande-Bretagne, où il compte 3 millions de clients, Egg est plombé par ses activités en France. Au premier trimestre 2004, les pertes d'exploitation de l'Hexagone (15,8 millions de livres) ont fait basculer le groupe dans le rouge, avec une perte de 4,9 millions de livres (7,4 millions d'euros). Au second trimestre 2004, Egg France devrait encore afficher une perte, légèrement moins élevée que sur les trois premiers mois de l'année. L'ardoise finale s'élèvera donc à quelque 330 millions de livres (environ 500 millions d'euros) pour Egg.

En dépit de son offre originale, Egg France, créé il y a deux ans, n'a jamais décollé. Ni les campagnes publicitaires provocantes, ni la carte bancaire innovante, qui rembourse une partie des achats effectués par son intermédiaire et donne accès dans le même temps à une réserve de crédit, n'ont séduit les Français. Alors que Egg s'était fixé un objectif d'un million de clients à l'horizon 2005, la banque qui comptait 90 000 clients lors du rachat de Zebank à Bernard Arnault et Dexia, n'en affiche que 130 000 aujourd'hui.

Cet échec illustre une nouvelle fois la difficulté pour une banque en ligne indépendante à s'implanter en France. Face aux banques traditionnelles qui couplent réseaux d'agence performants et offre multicanal, beaucoup ont jeté l'éponge, à commencer par Dexia et Fortis. Seul ING Direct résiste. Mais au prix de quels efforts! La filiale française du groupe néerlandais n'est devenue bénéficiaire qu'au premier trimestre 2004.

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