| Droit d'asile à nouveau refusé pour Anouar, homo pakistanais | |
Pour la deuxième fois cette année, Anouar Aurangzeb, 27 ans, a été débouté de sa demande d'asile par l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Recherché au Pakistan par la police et par les islamistes de la Jamaah Islamiyah qui l'ont arrêté deux fois et ont tué son petit ami (lire son interview dans Têtu n° 101), Anouar avait créé et présidé la première organisation gay au Pakistan, l'Irlgo (Islamabad Rawalpindi Lesbian and Gay Organisation). Lors de sa dernière demande, il a apporté une nouvelle preuve du danger qu'il encourrait à revenir dans son pays, sous la forme d'un article (et de sa traduction certifiée) paru en avril 2005 dans un hebdomadaire islamiste, condamnant l'Irlgo comme une association «qui vise à égarer les musulmans». La journal a publié la photo et le nom d'Anouar, ainsi qu'un appel à témoin: «Si vous le reconnaissez, informez-nous, car [lui et les autres membres de l'Irlgo] doivent être tués publiquement sous la loi pakistanaise», affirme l'hebdomadaire. Pourtant à Paris, l'Ofpra a estimé que les éléments du dossier d'Anouar «ne permettent pas d'établir la réalité des faits invoqués et le bien-fondé des craintes alléguées en cas de retour dans son pays d'origine.» Fatigué et à court d'argent (en tant que sans-papiers, il n'a pas le droit de travailler, et peut être à tout moment raccompagné dans son pays par la police française), Anouar n'a plus que l'espoir de se présenter à nouveau devant la Commission de recours des réfugiés.
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