Les marcheurs de la Gay Pride lyonnaise revendiquent homoparentalité et mariage pour tous --par carole Bianchi--


LYON (AP) -- Entre 2.500 personnes selon la police et 4.000 selon les organisateurs ont défilé samedi après-midi dans le centre-ville de Lyon pour la 11e Marche des fiertés avec pour mot d'ordre "homoparentalité, mariage: égalité maintenant!". Dans la communauté homosexuelle, la mobilisation est forte à un an des élections présidentielle et législatives.
Une semaine avant la grande manifestation parisienne, la "Marche des fiertés LGBT" a également eu lieu à Toulouse, rassemblant 4.000 personnes, selon la police, mais aussi à Rennes, Strasbourg et Biarritz.
"A un an de l'élection présidentielle, nous demandons l'ouverture du mariage aux couples homosexuels et l'adoption pour tous. La politisation de la marche est un bon moyen de faire pression", a souligné David Souvestre, président de l'association Lesbian & Gay Pride de Lyon.
Sur un fond de musique techno assourdissante, homosexuels, bisexuels, transsexuels et hétérosexuels sont partis vers 14h30 de la gare des Brotteaux (VIe arrondissement), l'un des quartiers les plus cossus de Lyon, pour se rendre jusqu'au quai Saint-Vincent (IIe arrondissement), sous le regard médusé des habitants.
Dans le cortège, l'un des chars était décoré de ballons roses et blancs, symbolisant une voiture de mariés avec à l'arrière une pancarte en forme de coeur où il était écrit "Just married!". Plusieurs couples de femmes ont défilé avec leurs enfants en poussette derrière une banderole "Des familles... comme les autres".
"Certains ne comprennent pas pourquoi nous politisons la marche. La Gay Pride, ce n'est pas simplement amuser les hétéros dans la rue en s'habillant en drag queen. Nous voulons revendiquer un minimum de sécurité pour notre conjoint. Pourquoi on n'aurait pas le droit de payer moins d'impôts et d'avoir le droit à l'héritage?", note Hussein Bourgi, président d'un collectif contre l'homophobie, ajoutant qu'il entendait maintenir la pression jusqu'en novembre, date à laquelle les militants du PS désigneront leur candidat à la présidentielle.
Si le maire PS de Lyon, Gérard Collomb n'a pas défilé -il est venu apporter son soutien lors du lancement du forum associatif vers 17h- trois de ses élus municipaux se trouvaient en tête du cortège, parmi lesquels le premier adjoint Jean-Louis Touraine.
"Plusieurs études, notamment américaines, ont révélé que les enfants étaient tout aussi bien épanouis lorsqu'ils étaient élevés avec des parents hétérosexuels que des parents homosexuels. A tous ces parents, il faut leur donner une chance", a indiqué M. Touraine.
D'autres élus de la gauche plurielle de l'agglomération lyonnaise étaient présents, mais aucun représentant de l'association Gay Lib, mouvement associé à l'UMP, ne s'est manifesté. "Même s'ils étaient venus, ils n'auraient pas été les bienvenus en tête de cortège. Il n'y a quasiment pas eu de débat interne ni d'avancée au sein de ce parti sur les questions d'homoparentalité et de mariage", a noté David Souvestre.
A Toulouse, la Marche des fiertés a réuni dans l'après-midi près de 4.000 personnes, selon la police. "Parmi les homosexuels, tout le monde ne veut pas se marier, mais peu importe, l'essentiel, c'est que tous aient les mêmes droits et donc aussi le droit au mariage. Avec le PACS, même amélioré, ainsi que le propose l'UMP, nous sommes considérés un peu comme des citoyens de seconde zone", a fait valoir Christian Le Bars, président d'Arc-en-Ciel, collectif d'associations gays et lesbiennes à Toulouse, organisateur de la marche.
Le militant espère beaucoup des prochaines élections, puisque le PS a promis le mariage homosexuel et le droit à l'homoparentalité. "Ségolène Royal et le PS ont raison d'être sensibles à la question de l'homoparentalité, puisqu'il existe 100.000 à 200.000 enfants issus de couples homosexuels, selon l'Association de parents et futurs parents gays et lesbiens" (APGL), a-t-il rappelé.
La première Gay Pride 2006 a eu lieu à Angers le 13 mai et la dernière se déroulera à Marseille, le 1er juillet