Violente agression homophobe à Marseille Par language=javascript type=text/javascript> </SCRIPT> Frédéric Praï le 30/07/04 (Fait divers)
France - Julien [le prénom a été changé], 24 ans, habite dans le IIe arrondissement de Marseille. Samedi 24 juillet, il reçoit à dîner quatre amies lesbiennes et un ami gay: «J'étais dans la salle de bain pour me préparer car nous nous apprêtions à sortir. J'ai entendu mes amies crier, appeler au secours. Je sors, et Alexandra me dit que le voisin a pété un câble. Je me dirige vers ma chambre, et je vois la porte d'entrée voler en éclats. Le voisin en furie est entré et a roué de coups mon ami qui était derrière la porte. Il l'a traité de «vieille tapette», de «sale enculé». Je lui ai demandé de se calmer. Il m'a entraîné à l'extérieur de l'appartement et m'a battu violemment en utilisant des injures homophobes et racistes. Il a traité mes amies de gouines, en disant que les homos ne méritaient pas de vivre.» Le procès-verbal de la plainte qu'a déposée Julien trois jours plus tard au commissariat de police reprend les éléments de son témoignage, y compris les motivations homophobes de l'agresseur. Julien a obtenu au total cinq journées d'arrêt de travail et a fait constater ses blessures par un médecin expert auprès des tribunaux: hématome à l'œil gauche, douleurs musculaires, hématome sur le front, etc. Julien a contacté le Collectif contre l'homophobie et le sexisme, qui s'est immédiatement mobilisé. «Nous avons d'abord orienté Julien, qui a subi un traumatisme important, vers une psychothérapeute que nous connaissons, raconte Eric Delmas, membre du Collectif. Par la suite, nous avons vu un avocat, Me Cohen, afin que cette histoire ait des suites. Nous allons également contacter la maire PS du IIe arrondissement.» Julien souhaite en effet ne pas en rester là: «Je veux que l'on comprenne qu'il s'agit de ma deuxième agression homophobe. Je subis un harcèlement quasi quotidien de la part du voisinage. Je ne veux plus me taire. Avec toutes ces histoires, je risque de perdre mon boulot. J'ai l'intention de porter l'affaire devant les tribunaux.» Julien, face à l'hostilité ambiante, va déménager: «Pour ma propre sécurité, et aussi pour mes parents, qui sont venus me soutenir dès qu'ils ont su. Pour leur honneur, je ne peux pas supporter qu'ils se fassent traiter de parents indignes par des gens du quartier.»