Dimanche 9 mai, une dizaine de membres du collectif des Panthères roses, un "réseau de pédégouines énervées par l'ordre moral, le patriarcat, le sexisme, le racisme, le tout-sécuritaire, les régressions sociales", se sont invités à la messe à la cathédrale d'Evry, dans l'Essonne, pour protester contre les récentes déclarations de l'évêque d'Evry, Monseigneur Dubost, lequel n'officiait pas ce jour-là. language=javascript>OAS_AD('Middle');</SCRIPT>
Mgr Michel Dubost, s'était étonné mercredi 5 mai, que les Verts, qui luttent "pour le respect de la nature", soutiennent le mariage des homosexuels. "Il est surprenant que les mêmes qui luttent contre les OGM au nom du respect de la nature disent avec le même élan que la nature n'a pas d'importance pour l'homme", avait-t-il répondu avec "humour" à une question sur le mariage homosexuel que s'apprête à célébrer Noël Mamère, maire Verts de Bègles, en Gironde.
Martine Billard, députée des Verts, avait le lendemain vivement réagi au propos de l'évêque : "En qualifiant d'acte contre nature l'union entre deux personnes de même sexe, en la comparant qui plus est aux organismes génétiquement modifiés (OGM), l'évêque d'Evry a réouvert la boîte des propos homophobes répugnants", a déclaré Mme Billard dans un communiqué. "Faut-il rappeler à Michel Dubost - ou tout simplement l'informer - que chaque année l'homophobie tue?", avait-t-elle ajouté.
NE PAS "CARICATURER LES PROPOS DE L'EGLISE"
Dimanche, après avoir suivi la messe, quelques instants parmi les fidèles, les militants des Panthères roses se sont levés et ont lu une déclaration : "Catholiques, votre évêque insulte les gays et les lesbiennes. Monseigneur Dubost nous compare à des OGM. Par ces paroles, il incite à la haine homophobe et lesbophobe, alors que l'évangile du jour dit ". Puis il sont opéré un "kissing" : ils se sont embrassés et ont brandi et ont brandi des pancartes "Dubost homophobe", "Dubost lesbophobe", "Contre-nature et fière".
Selon des personnes présentes sur place, l'assemblée est restée plutôt calme. Les manifestants se sont fait reconduire à la sortie par deux religieuses, qui leur ont demandé de ne pas "caricaturer les propos de l'Eglise".
Pour Xavier Prieur, un des porte-parole du collectif, cette action dans la cathédrale d'Evry a été décidée, pour "dénoncer la violence et la bêtise [des propos de Mgr Dubost]", mais également de "l'intrusion de l'église catholique dans la vie politique".
M. Prieur a précisé que le 13 avril, les Associations Familiales Catholiques avaient demandé l'introduction d'une "définition claire et précise du mariage dans le code civil", c'est à dire, "selon elles, de l'union d'un homme et d'une femme".
Concernant le projet de loi condamnant les propos homophobes Xavier Prieur a fait état d'une campagne anonyme de cartes postales adressées courant avril aux députés, leur demande de s'opposer de "façon claire et décisive à cette imposition de la reconnaissance sociale de l'homosexualité", au nom de "l'attachement à la morale chrétienne". Enfin, il a évoqué, des pressions du Vatican à l'ONU, début avril, pour qu'une résolution condamnant les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre ne soit pas discutée.
"UNE ÉVALUATION DU PACS"
Dans le Journal du Dimanche, le ministre de la justice, Dominique Perben, a réaffirmé son opposition au mariage entre homosexuels et en particulier à celui que le maire écologiste de Bègles, Noël Mamère, veut célébrer le 5 juin. "Le code civil est parfaitement clair sur ce point : le mariage unit un homme et une femme. J'ai demandé au procureur de Bordeaux de faire opposition à ce projet de mariage", a-t-il rappelé. "Je souhaite que cette opposition ait aussi un effet dissuasif et qu'elle conduise M. Mamère à renoncer à son projet".
A la demande du garde des Sceaux, le procureur de Bordeaux, Bertrand De Loze, a adressé une lettre à la mairie de Bègles pour demander une copie du dossier de "façon à éventuellement engager une action en nullité".
Le premier ministre avait déclaré jeudi sur France 2 qu'il préférait "un PACS qui marche qu'un mariage qui serait détourné de sa vocation" en procédant à l'union d'homosexuels. "J'ai mis en place une évaluation du PACS pour que nous en voyions les faiblesses et que nous puissions [l']améliorer", a dit Jean-Pierre Raffarin, selon qui "le PACS ne fonctionne pas bien".
Les tenants du mariage homosexuel affirment que le Code civil n'interdit pas le mariage entre personnes du même sexe et estiment qu'ils obtiendront gain de cause, si nécessaire en allant à Strasbourg.
Quatre ans après l'adoption du Pacte civil de solidarité (Pacs), l'annonce de la célébration du premier mariage gay suscite depuis quinze jours un vaste débat au sein de la classe politique française.
Lemonde.fr, avec AFP