e n'est plus une chaîne de télévision, mais un coach à tout faire. Après nous avoir appris comment bien éduquer notre progéniture capricieuse (Super Nanny) et comment transformer un cloaque en un appartement témoin (C'est du propre !), M6 se transforme en agence matrimoniale afin, dixit son président Nicolas de Tavernost en toute modestie, «d'aider la France rurale à se repeupler». Grâce à une version bucolique mais non ludique de Tournez manège, déjà testée avec succès en Belgique et en Norvège. Pour résoudre le «problème de société» que représente le célibat forcé dans nos campagnes, L'amour est dans le pré va aider huit agriculteurs et deux agricultrices à trouver enfin l'âme soeur. Après la présentation des candidats à grand renfort d'images idylliques de nos terroirs, les téléspectateurs (trices) séduit(e)s sont invité(e)s à écrire à leurs favori(te)s. Les dix prétendants devront choisir qui viendra passer quelques jours dans leur exploitation. A partir de décembre-janvier et pendant cinq épisodes, l'émission suivra alors leurs rencontres, leurs essais de vie commune et plus si affinités...
Coeurs à prendre. Les dix profils retenus témoignent de «la diversité des paysages et des activités agricoles en France», avec le souci de montrer que «le métier d'agriculteur a beaucoup évolué, est moins pénible», explique-t-on chez le producteur, FremantleMedia. Parmi les coeurs à prendre, on trouve donc un éleveur de chèvres en Lozère, un éleveur bovins dans les Deux-Sèvres, un céréalier du Cher, un producteur de tabac en Picardie, etc. recrutés par petites annonces dans la France agricole, les centres départementaux des jeunes agriculteurs mais également grâce au «bouche à oreille entre exploitants», précise Marie Genest, directrice du divertissement chez Fremantle. Pour l'âge, en revanche, le choix est beaucoup plus restreint : la benjamine, viticultrice dans le Beaujolais, a 24 ans ; le doyen, éleveur de chevaux en Camargue, en a tout juste 40.
Beaux gosses. Alors que le célibat dans les campagnes frappe aussi les plus de 50 ans, M6 ferait-elle du racisme antivieux, jugés indésirables dans une émission de divertissement ? «Pas du tout, se défend Marie Genest. Nous avons aussi rencontré des agriculteurs plus âgés, mais ils n'étaient pas convaincants. Si j'avais pu prendre quelqu'un de 48 ans, je l'aurais fait.» Si tous les candidats sont aussi sympathiques et beaux gosses que les trois présentés par M6 à la presse, le courrier du coeur devrait être bien fourni. Avis aux garçons sensibles : l'un des prétendants à la vie commune pourrait tout aussi bien postuler pour le Gay laboureur sur Pink TV.